Ghislenghien, 2 ans après - Compte rendu


Première cérémonie commémorative le 30 juillet 2006 à Ghislenghien

Une première manifestation sur le site de Ghislenghien a réuni de nombreuses personalités qui ont rendu hommage aux victimes de la catastrophe de 2004 en présence des parents et amis de ces victimes.

Une grande et dernière manifestation le même 30 juillet 2006 à Ath

Les sapeurs-pompiers venant des quatre coins du pays se sont réunis, très nombreux, dans la grande salle des fêtes de la ville d'Ath. Ils avaient invité les plus hautes personnalités du pays:

SM le Roi s'est fait excuser. Etaient principalement présents: la Présidente du Sénat, le Président de la Chambre, le Président de la Région wallonne, le Ministre de l'Intérieur, le Ministre des Finances, le Ministre de la Défense, le Gouverneur de la province du Hainaut, des députés, sénateurs et commissaires d'arrondisement, des bourgmestres, le Président de l'Union de villes et communes de Wallonie, la Directrice générale de la Protection civile...

Monsieur le Commandant Marc Gilbert, Président de la FRCSPB (afg), Fédération royale des corps de sapeurs pompiers de Belgique (aile francophone et germanophone) avait lancé l'invitation. Monsieur le  Capitaine Guy Van de gaer, directeur du BVV ( Brandweervereniging Vlaanderen) avait également lancé une invitation à ses membres.

Monsieur le Lt Michel Méan du SRI de Charleroi a successivement présenté les divers orateurs dont nous donnons les principales interventions.

Le Cdt Gilbert fut le premier orateur qui accueillit les participants et énonça l'objectif de la rencontre. La catastrophe de Ghislenghien avait, deux années auparavent, sensibilisé le monde politique sur la nécessité de hâter la réforme des services incendie qui se maintenait dans un état latent. L'heure était venue de faire le bilan des actions entreprises.

Exposé du Cdt Gilbert

Exposé clair, précis et documenté dons nous énonçons quelques données de base et situations actuelles d'une façon non exhaustive:

    1. On dénombre en Belgique 17500 sapeurs-pompiers dont 12500 volontaires;
    2. Les sapeurs-pompiers volontaires n'ont pas de statut réel ni contrat d'emploi;
    3. Le ministre fédéral des pensions, non présent, persiste à ne pas estimer que le sapeur-pompier exerce un métier à risque et qu'il devrait pouvoir quitter le service à 57 ans;
    4. A l'exception de la Région Bruxelles-Capitale et l'Intercommunale de Liège, les sapeurs-pompiers dépendent des communes et leurs conditions de travail, salariales, de nomination... varient d'une commune à l'autre, d'un bourgmestre à l'autre; variation accentuée par l'arrivée éventuelle , avec une autre politique personnelle, d'un nouveau bourgmestre après les élections communales;
    5. Les officiers préventionnistes sont confrontés à une règlementation et normalisation croissantes sans disposer de moyens qui leur permette de se tenir au courant de l'évolution des règles qui s'appliquent à leurs missions;
    6. Certains services incendie doivent se contenter de véhicules d'intervention de plus de 20 ans d'âge d'un niveau technologique qui n'est plus adapté aux exigences actuelles;
    7. Les effectifs actuels des sapeurs-pompiers ne leur permettent pas de remplir leurs missions légales dans de bonnes conditions: manque de 1000 postes;
    8. Légalement, on devient sapeur-pompier après une formation de 90 heures;
    9. Contrairement aux pays voisins, les sapeurs-pompiers n'ont jamais disposé d'un centre de formation pratique et découvrent le feu lors de leur première mission;
    10. Les sapeurs-pompiers dépendent de deux ministères: Intérieur et Santé publique pour les ambulances

Exposé du Cdt Withouk

Monsieur le Cdt Donald Withouk préside les destinées de la BVV (Brandweervereniging Vlaanderen) pendant flamand très actif de la FRCSPB. Il a confirmé les points soulevés par le Cdt Gilbert tout en insistant sur la nécessité de créer un Kenniscentrum, centre de connaissances à l'usage des sapeurs-pompiers. Un centre, à organiser par le ministère de l'intérieur qui devrait fournir aux sapeurs-pompiers des informations à jour, des données administratives et techniques qui éviteraient que ces sapeurs pompiers s'engagent sans information ni formation préalable lors de certaines interventions critiques à hauts risques comme ce fut le cas à Ghislenghien. Un des volets pratiques qui pourrait mettre en évidence la volonté des autorités de tenir compte des conséquences dramatiques de Ghislenghien.

Exposés du Ministre-Président de la Région Wallonne et du Ministre des Finances

Le premier exposé, peu préparé, est resté cantonné dans des généralités tandis que le second donnait des réponses ou tendances un peu plus précises aux habituelles questions des sapeurs-pompiers.

Exposé du Ministre de l'Intérieur

Le Ministre de l'Intérieur a montré qu'il avait très sérieusement pris le problème en mains avec, notamment, les deux principaux acteurs du terrain: les représentants des sapeurs-pompiers: la FRCSPB (afg), Fédération royale des corps de sapeurs-pomiers de Belgique (aile francophone et germanophone), la BVV (Brandweer van Vlaanderen) et les trois unions régionalisées représentant les villes et communes de Belgique.

Une commission d'étude dite Commision Paulus a étudié le problème avec, notamment, ces acteurs du terrain et remis ses conclusions début 2006.

Il en a cité les grandes lignes et regretté que les représentants des villes et communes freinent des quatre fers certaines propositions qui semblaient acquises.

Il a souhaité que le projet de loi en cours, qui serait présenté après la rentrée parlementaire reçoive un bon accueil au Sénat et à la Chambre. Il a demandé aux présidents de ces deux assemblées, assis au pemier rang, de ne pas décevoir  les pompiers présents dans la salle.

Son exposé a été chaleureusement applaudi.

Conférence de presse à l'hotel de ville

De nombreux journalistes de la presse écrite, radiophonique et télévisée ont ensuite eu l'occasion de poser des questions plus précises auxquelles Messieurs Marc Gilbert, Donald Withouk, Guy Van de gaer (directeur du BVV) ainsi que deux représentants de partis politiques ont répondu. La tendance de certains bourgmestres à vouloir garder la mainmise sur leur service incendie a été illustrée par certains cas précis récents, puisés parmi de nombreux autres, qui ont interpelé les journalistes: tel bourgmestre demande, par écrit, à son commandant des pompiers d'arroser la pelouse du stade de football asséchée par la chaleur persistante ou de remplir d'eau les contrepoids d'une tente provisoire ...  Sont-ce des attitudes responsables vis-à-vis d'un organe public qui a pour première mission de sauver des vies humaines et dont le core business devrait être axé sur une formation et  information continue dans les domaines concernés par ces missions?


www.previ.be H. ARESU  2006.07.31